Il y a une nouvelle façon de compléter la Vérif humaine sur Gander. Et en prime, ça va aider à mettre de la nourriture sur la table de Canadiens qui en ont besoin.
En bref
Vous pouvez maintenant compléter la Vérif humaine sur Gander grâce à une demande de paiement Interac de 2 $, envoyée directement depuis Gander. Vous effectuez la transaction à partir de votre propre service bancaire en ligne, et la totalité des 2 $ est remise à Banques alimentaires Canada.
- Aucune pièce d’identité à téléverser ni application supplémentaire à installer. Gander ne voit jamais vos renseignements bancaires.
- C’est une option de plus pour les personnes qui ne peuvent pas, ou ne veulent pas, utiliser Identité+ de Postes Canada.
- Vous pouvez consulter les publications et suivre des comptes sans avoir à prouver que vous êtes humain. La Vérif humaine est nécessaire pour publier, commenter ou partager.
- C’est un indice utile, mais pas une preuve infaillible qu’une personne est adulte. La Vérif humaine s’ajoute à la modération et à une conception plus sécuritaire de la plateforme.
L’objectif : faciliter la participation aux conversations, recueillir le moins de renseignements personnels possible et faire un peu de bien en même temps.

On vient d’ajouter une autre façon de confirmer que vous êtes un humain adulte sur Gander.
Et cette fois, il suffit d’une pièce de deux dollars.
Eh oui.
Vous pouvez maintenant compléter la Vérif humaine (Human Check) avec Virement Interac. On vous envoie une demande de deux dollars, vous effectuez la transaction à partir de votre service bancaire en ligne, votre vérification est complétée et Banques alimentaires Canada reçoit deux dollars.
Ah, et nous, on ne reçoit aucune de vos données bancaires.
Ce petit deux dollars fait doublement du bien.
La vérification n’est pas une source de revenus pour nous. On ne cherche pas à faire de l’argent avec les gens qui confirment qu’ils sont humains.
Alors, on remet chaque deux dollars au complet à Banques alimentaires Canada. Pas ce qu’il reste après les frais. Pas après avoir couvert nos coûts. Le 2 $ CA au complet.
Bon. On sait ce que vous pensez :
« Vous voulez que je vous envoie deux dollars par Virement Interac juste pour utiliser votre plateforme? »
On comprend la réaction. Après tout ce qu’on nous a appris sur les fraudes en ligne, on trouverait ça plutôt inquiétant si personne ne se posait la question.
Vous avez raison d’être sceptiques. Un sain scepticisme, c’est même une des raisons pour lesquelles Gander existe. Et c’est justement pour ça qu’on veut vous expliquer ce qu’on fait, comment ça fonctionne et pourquoi on pense qu’il est important de donner aux gens de vrais choix.

Confirmer qu’une personne est un humain adulte, c’est pas si simple.
En avril, avant même le lancement de Gander, on a publié un assez long billet sur les raisons derrière la Vérif humaine.
On sait que vous, vous savez que vous êtes un humain adulte. Et il existe toutes sortes de vérifications rapides, comme les CAPTCHA, qui nous donnent l’impression qu’elles peuvent déterminer si quelqu’un est humain ou non. Mais ce n’est pas vraiment le cas. Pas avec un degré de certitude qui nous satisfait. Et elles ne permettent certainement pas de déterminer l’âge de quelqu’un.
On veut que Gander soit un réseau social où il y a le plus possible de vrais humains adultes. Ça veut donc dire des vérifications plus fiables qui protègent votre anonymat sans nous obliger à recueillir et à conserver une tonne de renseignements personnels.
Si on n’a pas besoin de le savoir, on ne veut pas le savoir.
Ce qu’on veut, par contre, c’est un espace pour les humains qui soit protégé, autant que possible, des robots et des personnes mal intentionnées qui aimeraient bien se faire passer pour des humains comme vous. Que ce soit pour propager de la désinformation, monter une arnaque ou faire d’autres mauvais coups.
Alors oui, vous savez que vous êtes un humain adulte. Mais pour que nous puissions le savoir, il faut quand même vérifier.
Et surtout, vous n’avez pas besoin de compléter la Vérif humaine pour créer un compte, lire les publications publiques ou suivre des comptes sur Gander. On vous demande de confirmer que vous êtes un humain adulte au moment où vous voulez publier, commenter ou partager.
C’est voulu. Lire quelque chose n’entraîne pas les mêmes risques que de le publier ou de le partager à grande échelle. Et de notre côté, on pense qu’une mesure de protection devrait être proportionnelle aux risques de préjudice.
On vous entend. On comprend. Et on travaille là-dessus.
Maintenant que des milliers de personnes ont complété la Vérif humaine, on a appris pas mal de choses sur la façon dont ça fonctionne dans la vraie vie. Pour certaines personnes, le processus de Postes Canada prend quelques minutes. Pour d’autres, c’est tout un casse-tête. Ou ça ne fonctionne carrément pas.
Les pièces d’identité ne se numérisent pas. Les documents expirent. Des gens vivent à l’étranger ou rencontrent des obstacles liés à l’accessibilité. Certaines personnes n’ont pas de pièce d’identité émise par le gouvernement. Et d’autres n’ont tout simplement pas envie de passer à travers tout ce processus juste pour publier sur un réseau social.
À toutes les personnes qui ont essayé de compléter la Vérif humaine et qui se sont butées à un problème :
Merci. On vous entend. On comprend. Et on travaille là-dessus.
Notre nouvelle option ne nécessite ni pièce d’identité gouvernementale ni téléchargement d’une autre application. C’est simplement une nouvelle façon de compléter la Vérif humaine, en plus d’Identité+ de Postes Canada.
Oui, il faut avoir accès à 2 $ et à des services bancaires en ligne. Et on sait que ça aussi, ça représentera un obstacle pour certaines personnes. On prévoit s’attaquer à celui-là également. C’est justement une autre raison pour laquelle on va continuer d’ajouter des options.
Si vous avez eu de la difficulté à compléter la Vérif humaine, vous pouvez essayer la nouvelle option sur Gander. Et si ça ne fonctionne toujours pas, communiquez avec notre équipe de soutien.
Toutes les méthodes ne se valent pas.
Il existe plusieurs façons d’établir qu’une personne est un humain adulte : vérification d’identité, estimation de l’âge à partir du visage, méthodes bancaires ou renseignements qu’une plateforme possède déjà. Chacune comporte des compromis en matière de vie privée, d’accessibilité, de simplicité et de fiabilité. Et ces compromis ne sont pas tous équivalents.
On pense que les personnes qui font ces compromis devraient les comprendre et avoir leur mot à dire. C’est pourquoi on a mis à jour les écrans de la Vérif humaine pour expliquer ce que chaque méthode exige, qui traite les renseignements et ce que Gander reçoit ou ne reçoit pas.
On aime avoir le choix. Mais un choix n’est pas particulièrement utile si on ne comprend pas ce qu’on choisit.
Alors, pourquoi une pièce de deux dollars?
Si vous nous suivez depuis un bout, vous vous souvenez peut-être qu’on a déjà parlé de cette idée. En fait, utiliser une toute petite transaction bancaire comme indice permettant de confirmer l’âge d’une personne faisait partie des premières idées qu’on avait explorées pour la Vérif humaine.
Et on doit cette idée à notre brillant conseiller, Blaine Cook.
Ce qui explique aussi pourquoi c’est une solution aussi élégante. Bon. On va arrêter de lui lancer des fleurs deux minutes.
L’idée de départ était toute simple : si quelqu’un est capable d’effectuer une transaction bancaire, ça nous donne un indice utile pour déterminer s’il s’agit probablement d’un humain adulte. Ce n’est pas parfait, mais c’est utile. Et ça pourrait permettre de confirmer ces éléments sans demander aux gens de numériser une pièce d’identité ou de fournir tout un paquet d’autres renseignements personnels.
Au début, on s’est demandé si on pouvait simplement utiliser une cenne.
Mais personne n’était particulièrement emballé à l’idée de traiter des transactions d’un sou. Et franchement, ça aurait eu l’air un peu louche.
Alors, on s’est arrêtés sur deux dollars.
La partie plus compliquée, c’était de trouver comment faire fonctionner tout ça. On a passé énormément de temps à examiner les exigences techniques et à chercher un fournisseur capable de soutenir le processus sans nous transmettre plein de renseignements sur vous dont on n’a pas besoin et qu’on ne veut surtout pas avoir.
Et Banques alimentaires Canada là-dedans?
Il y a cette drôle d’idée qui revient souvent : ce qui se passe en ligne et ce qui se passe dans le monde réel seraient deux choses complètement séparées.
Mais on sait très bien que ce n’est pas vrai. Ce qui arrive en ligne peut causer de vrais préjudices à de vraies personnes. Alors pourquoi ça ne pourrait pas aussi faire un peu de bien dans le monde réel?
On a choisi Banques alimentaires Canada parce que l’organisme soutient les banques alimentaires partout au pays et les aide à faire davantage avec les ressources dont elles disposent. Ça comprend notamment la récupération d’aliments parfaitement bons qui auraient autrement été gaspillés pour les acheminer aux personnes qui en ont besoin. L’organisme réalise aussi toutes sortes d’autres travaux importants, notamment de la recherche sur l’insécurité alimentaire.
Notre intention est de changer de temps à autre l’organisme qui reçoit ces dons. Mais on ne voulait pas retarder une nouvelle façon de compléter la Vérif humaine pendant qu’on réglait chaque petit détail.
Et Banques alimentaires Canada nous semblait être un excellent point de départ. Surtout par les temps qui courent.
Plus facile ne veut pas toujours dire mieux.
Trouver le bon fournisseur nous en a appris pas mal sur le fonctionnement des services de vérification.
On a lu une quantité impressionnante de spécifications techniques et parlé avec beaucoup de fournisseurs. Certains ont même été sincèrement surpris quand on leur a dit qu’on ne voulait pas des données biométriques des gens, ni leur nom, leur date de naissance ou leur adresse.
Ça a été plus difficile qu’on l’aurait souhaité de trouver des services qui partagent notre approche : ne recueillir que ce qui est réellement nécessaire.
Et on a aussi appris quelque chose d’important : la méthode qui semble la plus facile n’est pas nécessairement celle qui utilise le moins de renseignements personnels.
Prenons l’inférence de l’âge fondée sur la surveillance.
Certaines des plus grosses plateformes de médias sociaux sont déjà capables de faire une assez bonne estimation de votre âge. Et pourquoi pas? Elles passent des années à recueillir des renseignements sur vous.
Ce que vous regardez, ce que vous publiez, ce sur quoi vous cliquez, les personnes avec qui vous interagissez, même les messages de « bonne fête » que les gens laissent sur votre profil. Tous ces renseignements aident les plateformes à construire des profils détaillés de vous, à vous cibler avec de la publicité et à faire de l’argent avec ce qu’elles savent à votre sujet.
Et ça leur a rapporté beaucoup, beaucoup, beaucoup d’argent.
Mettez assez de ces renseignements ensemble et une plateforme peut déduire votre âge sans même avoir besoin de vous le demander.
Ce qui est quand même assez troublant quand on y pense.
Si ces plateformes possèdent déjà les renseignements et les technologies nécessaires pour déduire l’âge d’une personne, elles pourraient aussi les utiliser pour mettre en place davantage de mesures de protection.
Elles ne l’ont pas fait, mais elles auraient pu (disponible seulement en anglais). Ce qui soulève une question assez raisonnable : pourquoi ces protections n’ont-elles pas été mises en place plus tôt ou plus largement, compte tenu du temps depuis lequel ces plateformes recueillent et analysent toute cette information?
Et il y a une question encore plus fondamentale : est-ce qu’assurer la sécurité des gens devrait vraiment dépendre du fait de recueillir autant de renseignements sur eux en premier lieu?
Ce sont des renseignements qu’on ne veut pas connaître à votre sujet.
On ne veut pas étudier votre comportement pendant des années pour essayer de comprendre qui vous êtes. Et on ne veut certainement pas construire toute une infrastructure de publicité et de surveillance simplement pour pouvoir déduire si vous êtes assez vieux pour participer sur Gander.
Évidemment, les technologies de contrôle de l’âge ne fonctionnent pas toutes comme ça. Mais ce n’est pas parce qu’une méthode semble presque sans effort qu’elle protège davantage la vie privée ou qu’elle est moins intrusive. Parfois, elle semble sans effort simplement parce que la plateforme en sait déjà beaucoup sur vous. Et qu’elle pourra en apprendre encore davantage en vous laissant entrer sans vous demander quoi que ce soit.
On présume que tout ça est expliqué quelque part dans les conditions d’utilisation. Vous savez, ces documents qu’on lit tous religieusement, au complet, chaque fois.
Nous, on préfère vous demander directement de confirmer que vous êtes un humain adulte, vous expliquer ce que ça implique, vous laisser choisir et ne pas recueillir une tonne de données sur vous dont on ne veut pas. Tout en reconnaissant que les méthodes basées sur l’identité et les services bancaires comportent elles aussi leurs propres compromis en matière de vie privée.
On ne veut pas savoir tout ça sur vous
La Vérif humaine cherche à répondre à quelques questions assez simples : est-ce qu’il y a une vraie personne derrière ce compte? Est-ce qu’elle est assez vieille pour participer? Et peut-on rendre plus difficile la création massive de comptes jetables?
La Vérif humaine n’est toujours pas un système d’identification. Les pseudonymes sont les bienvenus. On n’a pas besoin de savoir où vous habitez, votre date de naissance exacte ou de conserver une base de données remplie des pièces d’identité de tout le monde.
Avec Identité+ de Postes Canada, on reçoit les résultats de la Vérif humaine dont on a besoin sans jamais voir votre pièce d’identité ni les renseignements personnels qui s’y trouvent.
Et avec notre nouvelle option de services bancaires en ligne, Gander ne voit jamais vos renseignements bancaires. Interac nous indique uniquement que la transaction de 2 $ a été effectuée. On ne reçoit ni ne conserve les renseignements bancaires que vous fournissez pour faire la transaction.
C’est l’approche générale qu’on compte continuer de suivre à mesure qu’on ajoute de nouvelles options.
Toujours pas parfait.
Le deux dollars n’a rien de magique non plus. Une transaction bancaire en ligne réussie ne prouve pas, à elle seule et hors de tout doute, que quelqu’un a plus de 18 ans.
Des jeunes utilisent Virement Interac avec la permission de leurs parents. Et certains adultes n’y ont pas accès ou ne veulent tout simplement pas l’utiliser pour la Vérif humaine.
Des chercheurs canadiens se sont penchés sur ces compromis. Andrew MacDougall, du Centre pour les médias, la technologie et la démocratie de l’Université McGill (étude disponible seulement en anglais) a conclu qu’aucune méthode de contrôle de l’âge n’est parfaite.
Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada souligne lui aussi que la protection de la vie privée dépend de ce qu’une méthode recueille et de la façon dont ces renseignements sont utilisés, pas simplement du nom qu’on donne à la méthode.
On ne cherche pas une certitude parfaite au prix de votre vie privée. On essaie de rendre la participation plus sécuritaire tout en recueillant le moins de renseignements possible. Et on va continuer d’ajouter des façons de compléter la Vérif humaine.
Et la Vérif humaine ne remplace pas le travail nécessaire pour bâtir une plateforme plus saine. Il faut quand même modérer, réagir aux préjudices et faire des choix de conception qui ne cherchent pas délibérément à exploiter l’attention des gens ou à les pousser au conflit. On ne peut pas régler tous les problèmes simplement en vérifiant les gens.
Le deux dollars est une option de plus, avec ses avantages et ses limites. Pas de doute là-dessus.
Mais si on peut rendre ça un peu plus facile pour quelqu’un de se joindre à la conversation tout en aidant à mettre de la nourriture sur la table de quelqu’un d’autre?
Pas pire pour deux piasses.