Amis avec [une société à] bénéfices [sociétal]


TL;DR :

Gander Social est incorporée comme une société à bénéfices sociétal (anglais : Benefit Company), une entreprise à but lucratif avec une mission d’intérêt public inscrite dans sa structure légale.

Notre bénéfice d’utilité publique consiste à bâtir une infrastructure sociale numérique digne de confiance qui protège la dignité des personnes, la souveraineté numérique canadienne et la participation démocratique dans la sphère publique numérique.

À titre de société à bénéfices sociétal, nous avons l’obligation juridique de prendre en compte les utilisateurs, les communautés et l’intérêt public au même titre que le profit, tout en publiant un rapport annuel mesurant nos progrès.

Ce modèle influence la façon dont nous finançons et construisons Gander : sociofinancement participatif en actions (equity crowdfunding), co-design communautaire et une priorité accordée à l’accessibilité et à des espaces responsables, pas juste à l’apparence.

La suite? Juste en bas…

Deux hommes se tiennent devant des peintures colorées représentant des paysages urbains dans une galerie d’art. L’un regarde son téléphone, tandis que l’autre fait face aux œuvres. Sur le mur à côté d’eux, on voit l’image de marque Gander et une affiche qui dit : « Idées recherchées : pubs et monétisation ».
Participants à nos sessions de co-design pendant la Toronto Tech Week.

Devenir une société à bénéfices sociétal

En juin dernier, nous avons officialisé Gander comme société à bénéfices sociétal.

Même si tout n’était encore qu’une ligne d’horizon, on se posait déjà de grosses questions :

  • Comment assurer que Gander reste entre des mains canadiennes, pour longtemps?

  • Comment éviter que nos valeurs dévient quand la pression financière finira inévitablement par cogner à la porte?

  • Et qu’est-ce qui arrive s’il y a un coup d’éclat au conseil d’administration qui place Cyril Rictus à la tête de tout ça?

À défaut de trouver un raton laveur en chandail de hockey pour contrecarrer ses plans, on a compris que si on voulait construire un réseau social différent, il fallait aussi être structuré différemment. Et ce, dès le départ.

Un chien animé au regard espiègle ou méfiant se tient devant un mur scintillant en briques dorées, tenant un petit appareil qui ressemble à un détonateur ou à une télécommande. Une petite figurine de robot apparaît à côté sur une plateforme. La scène dégage une énergie dramatique de super-méchant, avec des yeux perçants et des traits de dessin animé exagérés.
Clin d’œil à Kevin Gillis, créateur du légendaire dessin animé Les Amis Ratons

C’est quoi, au juste, une société à bénéfices sociétal?

Ce statut est encore récent au Canada et, pour l’instant, il relève uniquement de la Loi sur les sociétés par actions de la Colombie-Britannique (Business Corporations Act, Part 2.3 Benefit Companies). C’est pour cette raison que Gander est incorporée en C.-B.

Une société à bénéfices sociétal, ça veut dire :

  • un bénéfice d’intérêt public inscrit dans nos statuts constitutifs

  • l’obligation réelle de le poursuivre, le mesurer et le publier

  • sans être un organisme de bienfaisance, ni un OBNL

En pratique :

  • Nous devons poursuivre notre bénéfice déclaré

  • Nos administrateurs doivent considérer un large spectre d’acteurs, pas seulement les actionnaires

  • Nous publions un rapport annuel décrivant nos actions et nos progrès mesurés

  • Nous restons une entreprise à but lucratif et imposable, pas une organisation caritative

  • Nous devons bâtir des revenus durables et une entreprise saine

Bref, offrir une expérience sociale numérique meilleure et plus humaine pour les Canadiens, ce n’est pas une phrase d’accroche. Ce n’est pas une mission secondaire. Ce n’est pas un clin d’œil cosmétique.
C’est la fondation légale de Gander.


Notre bénéfice public : une infrastructure sociale digne de confiance

Parce que ce réseau peut façonner la façon dont les gens échangent, se mobilisent et participent à la vie publique, on croit que nos engagements doivent être durables, transparents et critiquables.

Voici notre énoncé (traduit de l’anglais) :

Bâtir une infrastructure sociale digne de confiance qui protège la dignité des personnes utilisatrices, fait avancer la souveraineté numérique et renforce la participation démocratique dans la sphère publique numérique (le « Bénéfice »).

Dans la poursuite de ce Bénéfice, la société exercera ses activités de façon responsable, transparente, respectueuse de la vie privée et guidée par la communauté. Elle s’engage aussi à assurer un encadrement, une gouvernance et une propriété de nature canadienne afin de garantir une reddition de comptes à long terme envers l’intérêt public.

Nous l’avons intentionnellement inscrit dans nos documents d’incorporation pour guider ce que nous développons, comment nous opérons et avec qui nous collaborons.


Tirer des avantages des inconvénients

On a déjà remarqué que ce modèle ne rentre pas toujours parfaitement dans les cases existantes : certains programmes gouvernementaux ne sont pas encore adaptés à notre réalité, et certains investisseurs en capital-risque se braquent quand ils entendent « intérêt public ».

Ça ne nous dérange pas. Parce que les avantages sont nettement plus lourds que la friction.

Les bonnes intentions, c’est facile. Les garantir en grandissant, beaucoup moins.

Ce statut oblige officiellement nos administrateurs à équilibrer l’intérêt public et les intérêts des gens, des équipes, des partenaires et des investisseurs. Ce modèle protège aussi notre gouvernance canadienne.

Notre statut nous oblige à :

  • intégrer le bénéfice dans nos statuts légaux

  • prendre des décisions cohérentes avec celui-ci

  • publier un rapport annuel public expliquant ce qui a changé et mesurant les progrès

Ça nous force à réfléchir, évaluer et nous améliorer. En public.

C’est une des raisons pour lesquelles on a choisi le sociofinancement participatif en actions : plus de personnes au Canada peuvent détenir une part de la plateforme qu’elles utilisent.

si ce réseau est d’intérêt public, sa propriété aussi peut l’être. Et plus de Canadiens peuvent en devenir co-propriétaires.

Ça veut dire :

  • co-design et design participatif

  • partage de ce qu’on entend

  • boucle fermée : montrer comment vos idées influencent le produit, les règles et les priorités

L’inclusion, l’accessibilité et le soutien aux espaces responsables ne deviennent pas des tâches optionnelles. Ce sont des obligations.


Tenez-nous responsables

On sait que la confiance envers les médias sociaux a été érodée par plus d’une décennie de modèles d’affaires extractifs… parfois même par des entreprises qui, au départ, avaient de très bonnes intentions.

On a donc choisi ce modèle comme point de départ pour protéger les personnes qui utilisent Gander des personnes qui en sont propriétaires.

En inscrivant nos engagements dans notre fondation légale, on fait en sorte que la vie privée, l’équité, la propriété canadienne et l’intérêt public ne soient pas négociables. Ce sont des obligations, pas du « branding ».

Est-ce que c’est infaillible? Pas du tout.

Mais ça permet de garder les choses dans la bonne direction pendant qu’on travaille à concevoir d’autres garde-fous.

Et entre-temps, quand on va inévitablement se tromper à un moment donné, on vous invite à nous le dire.

On ne pourra peut-être pas rendre tout le monde heureux 100 % du temps, mais on va faire sincèrement de notre mieux pour reconnaître nos erreurs avec humilité, répondre à autant de besoins que possible et offrir une plateforme agréable sur laquelle vous pouvez avoir confiance.


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