TL;DR : Les réseaux sociaux sont en feu. Entre les bots, les colères-à-clics et les plateformes qui se nourrissent de division, on a l’impression de vivre dans une autre dimension. Alors j’ai arrêté d’attendre que quelqu’un d’autre règle le problème — et j’ai décidé de bâtir quelque chose de mieux, ici même au Canada.

IJ’ai l’impression que quelqu’un a brassé le multivers en 2025, et on s’est ramassés dans une drôle de réalité parallèle.
- Le Canada fait la une pour les mauvaises raisons
- Les États-Unis laissent tomber toute apparence de démocratie
- La désinformation a pris d’assaut nos élections — et ça continue
Un jour, on étudiera peut-être cette année-là à côté du phénomène Mandela.
Et pourtant, aussi surréaliste que tout ça puisse paraître, le chemin qui nous y a menés est assez clair : depuis que les nouvelles sont devenues partisanes, on a vu les inégalités exploser, le coût de tout grimper, et les réseaux sociaux se transformer en chambres d’écho alimentées par la colère.
Une fois que Trudeau a démissionné et qu’une élection pointait à l’horizon, ça a vraiment commencé à me chicoter. J’ai essayé de rester loin des débats. Et par “essayé”, je veux dire… pas pantoute. Je me suis retrouvé à plonger dans des fils de commentaires juste… hallucinants.
Et c’est là qu’Elbows Up Canada s’est pointé sur les réseaux.
Inspiré par le passage de Mike Myers à SNL et son chandail « Le Canada n’est pas à vendre », mon ami Peter Wall a lancé Elbows Up pour rassembler les Canadiens face aux menaces de Trump.
En quelques jours à peine, il a mobilisé une équipe pour tout organiser : permis, sono, conférenciers, artistes… Le premier rassemblement Elbows Up a eu lieu sur la Colline du Parlement.
Les valeurs du groupe :
- Non partisan – Ouvert à tous ceux qui croient en l’avenir du Canada
- Positif et optimiste – Met l’accent sur les solutions
- Pour toute la famille – Accueillant pour tous les âges
- Mobilisant – Encourage la participation citoyenne
- Poli mais fâché – Passionné, mais respectueux
- Pacifique – Militantisme dans le respect
L’événement était chaleureux, rassembleur, et totalement canadien. Plus de 1000 personnes y ont participé.
En si peu de temps, à Ottawa, c’était franchement remarquable.
Moi, j’ai joué un petit rôle dans l’organisation, mais surtout, j’ai pris des photos et géré les réseaux sociaux. J’ai rempli nos fils de visages souriants, de gens unis, de messages porteurs d’espoir.
Et évidemment, les trolls ont débarqué.
C’était décourageant. On exprimait des valeurs typiquement canadiennes — ouverture, respect, communauté — et on s’est fait envahir par des trolls en quête d’engagement toxique.
Pire encore : les plateformes ne nous donnaient aucun moyen de répondre. Aucun outil pour rétablir les faits. Juste supprimer, cacher, ou se faire entraîner dans une engueulade inutile.
Entre les géants tech qui gardent le silence face aux menaces de Trump, notre dépendance aux infrastructures numériques américaines, et la machine à désinfo qui roule à fond, je me suis surpris à me demander si on ne devrait pas revenir aux pagettes et aux fax.
C’est là que quelque chose a changé. Je pouvais continuer à regarder ça de loin, ou… faire quelque chose de fou.
J’ai choisi la folie douce.
Ce soir-là, j’ai commencé à faire mes recherches, avec une seule question en tête :
Est-ce qu’on pourrait bâtir une nouvelle plateforme sociale ? Une qui respecte la vie privée, qui ne récompense pas l’indignation algorithmique, et qui rendrait plus facile — pas plus dur — d’être bienveillant ?
La réponse ? Oui. Absolument.
Et mieux encore, on peut créer un réseau social :
- Conçu et hébergé au Canada
- Propriété de Canadiens
- Éthique dès la conception
- Sécuritaire, moderne, et plaisant
Un endroit qui reflète les valeurs sociales qu’on attend dans la vraie vie.
Et c’est là que le nom m’est venu : Gander. Inspiré par une ville reconnue pour sa compassion — et par un oiseau symbole de solidarité, d’instinct et de résilience.
Ce qui reste à faire ? Tout.
Je conçois du numérique depuis 25 ans. J’ai dirigé des agences, lancé des produits SaaS, travaillé avec des startups sans budget et d’autres avec des millions en poche.
Dans tout ça, j’ai touché à tout : stratégie, branding, marketing, UX… je code même un peu (les bons développeurs diraient que je devrais pas, mais bon).
Mais un projet de cette envergure ? Jamais.
Alors je me suis entouré d’une équipe de Canadiens passionnés, qui partagent cette vision et l’ont poussée plus loin : design communautaire, interactions basées sur le consentement, et outils 100 % transparents.
- Notre prototype est prêt
- On a bâti un proof of concept
- On assemble une trousse d’outils canadiens ou open-source, auto-hébergés
- Nos réseaux sociaux sont en ligne (c’est sûrement pour ça que vous êtes ici)
Et on a lancé notre Programme d’accès anticipé pour rallier du monde, recevoir vos commentaires, et bâtir Gander avec vous.
J’espère que vous nous suivrez dans cette aventure.
En attendant, vous pouvez nous retrouver ici — ou sur une des plateformes qui carburent encore à la colère 😅
Perso, je recommande Bluesky.
